mardi 10 janvier 2017

Nouures (déformations professionnelles, mais surtout déformation tout court)



Le problème avec les problème c'est que c'est comme les maladies. On les sent venir dès le début, et souvent avant d'en parler à quelqu'un on préfère se dire que ça passera. Se soigner un peu tout seul pour se donner un peu coup de pouce et prier très fort pour avoir raison. Et souvent ça marche. Parce que toutes les maladies ne sont pas des tueuses sanguinaires et que nos problèmes sont souvent moins graves qu'on ne le pense (ou bien c'est nous qui sommes plus fort qui sait). Quoiqu'il en soit, là où ça se complique c'est quand on s'est trompé dès le départ. Quand à la place de décapiter le problème ou la maladie lorsqu'il montrait le bout de son nez, on à préféré croire que tout aller rentrer dans l'ordre alors qu'on lui a juste laisser le temps de croire, de se complexifier et de s'étendre, de s'ancrer en nous.

Le problème avec les problèmes, c'est que c'est souvent difficile de trouver l'origine du problème. D'autant plus lorsqu'on l'a laissé grandir. Il est difficile de dénouer le vrai du faux, la cause de la conséquence, les liens ou les coïncidences. Et mon problème à moi en ce moment, c'est que je laisse le temps aux choses de croitre avant de venir me soulager. De tout ce que j'ai pu essayer au long de ses longues années de réflexions pathologiques sur l'origine du monde et sur les lois de l'univers, je crois bien que c'est d'écrire ici qui me soulage le plus. Comme un petit shoot de morphine, de calmant. Un post, et hop, je me sens plus soulagé. Est le fait de s'exprimer, d'extérioriser ? Est ce le fait de lire mes pensées qui aident à y mettre de l'ordre ? Je ne sais pas. Il n'empêche que plus de 7 ans après je suis toujours là. Mais moins souvent. A tort ou à raison je sais pas.

J'ai trouvé un autre exutoire. Plus récemment. Autre chose qui me permet de m'évader et de me dire que je vis. Par qu'il n'y a aucune règle, aucune limite, aucune chose d'impossible, d'infaisable ou d'interdit dans le sexe. Je suis le seul maitre du jeu. Je dicte mes propres règles, mes propres limites, que je peux modifier à tout moment et comme bon me semble. Il suffit de trouver le partenaire qui veut bien jouer la partie que j'ai décider. Ce sentiment de contrôle, de se dire que rien ni personne ne peut nous atteindre, nous empêcher, nous contrôler, nous recadrer. Et en plus soyons honnête, c'est bon. Parfois. Non parce qu'il y a aussi des expériences ratées, soyons honnête jusqu'au bout. Mais une expérience ratée n'en est pas moins un expérience que j'ai décidé, que j'ai planifié et que j'ai réalisé. Sans que personne ne m'impose quoique ce soit, sans que cela soit quelque chose qu'on attende de moi. C'est quelque chose que je fais uniquement pour moi, sans but, juste par ce que je le veux, que j'en ai envie et que je l'ai décidé. C'est tellement différent de notre quotidien à tous, rythmé par ce que l'on doit faire, les comportements que l'on attend de nous. Le problème avec les choses qui n'ont pas de limite, c'est que souvent ça dégénère, on ne peut, par définition, les contrôler. Et que si on les laisse s'installer et se disséminer, il est difficile de revenir dessus.

Le second problème avec les choses qu'on peut avoir comme on les veux quand on les veux, c'est qu'on y prend goût et qu'on veut que ce soit pour tout pareil. Je ne supporte pas la frustration. Je ne supporte pas que quelque chose s'arrête avant que j'ai décidé que c'était suffisant et que ça pouvait finir. Je ne supporte pas ne pas pouvoir avoir ce que je veux comme je le veux et surtout dès que je le veux. Et alors là, cause ou conséquence ? Aurais-je pris goût à la disponibilité quasi immédiate de tout ce que je veux dans le monde du sexe ce qui m'aurais conduit à penser que tout fonctionner comme ça ? Ou au contraire, cette frustration préexistante aurait-elle été une raison de plus faisant que cette liberté et ce contrôle de tout qu'offre le monde du sexe me plait ? Alors cause ou conséquence ?

Toujours dans les problèmes. Si je vous parle de quelque chose qui prend peu à peu de l'ampleur, qui va de plus en plus loin, de plus en plus fort, de plus en plus extrême, avec de moins en moins de limite, de barrière de restriction, de règle ou même de filet de sécurité. Quelque chose de plus en plus nécessaire pour la recherche d'un plaisir en vue d'échapper au quotidien. Quelque chose qui nous prend du temps considéré comme secondaire au détriment des activités de la vie quotidienne (que ce soit sociale, professionnelle ou à propos de loisirs). Quelque chose à laquelle on pense tous les jours. Une obsession. Alors si je vous dit tout ça, vous penser à ? Et oui, une addiction. Le principe de l'addiction c'est que la substance ou le comportement ou quoique ce soit d'autre procure un plaisir. Le corps connait et reconnait le plaisir. Il comprend vite que le plaisir qu'il reconnait et ressent arrive souvent à la suite de ce même évènement. Alors de la même manière qu'un chien apprend que s'il est sage il aura un os, un homme, faible animal, comprends que s'il cède à cette addiction, il ressentira ce plaisir. Je crois que je suis accro à la liberté. Accro au contrôle. Pas accro au sexe, le sexe c'est cool, mais c'est surtout un moyen d'arriver à ressentir cette liberté. Cette absence de règle, d'emprise sur moi ou de toute influence extérieure. Je suis accro à ma liberté. Et je sais pas si c'est quelque chose que je dois soigner.

Et comme un problème qu'on laisse grandir tisse des racines dans tous les sens, il découle d'autres réflexion de ce noeud dont je pourrais parler des heures. Par exemple, il faut savoir que même si je suis plutôt très froid, plutôt de marbre face à tout et à tous, je suis un grand stressé, un grand peureux. Et souvent j'ai besoin d'un câlin, d'une personne, cette personne rassurante dont la seule présence nous chuchote, t'inquiète pas, ça va aller. Ben ça ça me manque. Ce soutien perpétuel. Ces bras rassurant etc. Et mine de rien, le sexe donne un peu de ça parfois. Mais à dose plus faible car moins authentique, moins véridique. Mais un câlin, même faux, ça aide toujours un peu. Le problème (encore) c'est que ça revient à donner une dose diluer à un drogué habité à une dose plus forte. S'il n'a que ça, en attendant les doses plus forte, il va multiplier les petites doses. Et c'est ce que je fais. Je colmate un gros trous avec pleins de petit pansement en espérant un jour mettre la main sur le bouchon parfait. Et vous savez le pire ? C'est que je sais qu'un jour, si je trouve ce bouchon, je m'en lasserait. Et c'est les jours où j'en arrive à des conclusions comme ça que je me déteste.

Moi, 
avec un noeud de problème 
pour lequel il me faudrait des heures 
et une personne qualifier pour y voir plus clair.


"Make me, make me impressed
Make me, make me obsessed"