vendredi 9 novembre 2012

Tchou Tchou


Dans un train, il n’y a pas grand-chose à faire. J’ai prévu du boulot évidemment, mais pas assez, le reste est au fond de mon sac, le train est bondé, ça attendra plus tard. Je devais bosser à l’ordi, il me faut internet. Or, il n’y a pas internet dans le train.
Alors que fait on dans un train où il n’y a rien à faire ? On pense, on regarde à droite, à gauche. Surtout à gauche en l’occurrence. Car oui, on croise du beau monde, et par beau j’entends physiquement intelligent bien sûr. Ah ben tient, justement il descend. Dommage. Mais bon, en fait, le train, c’est un peu comme la vie. Il y a des gens qui restent, d’autre qui s’en vont. Certains s’en vont alors qu’on aurait bien voulu les voir rester, d’autre reste même si on aimerait les voir partir. Comme cette dame qui ne doit pas connaître le sens du mot hygiène et qui  a choisit la meilleure place du train : à côté de moi. Ca y ai, il a disparut. Revenons à notre train.
Je disais que ça ressemblait à la vie. C’est vrai. On attend. Ou alors on essaie de s’occuper pour se persuader qu’on ne perd pas notre temps. Temps précieux. En train, on observe un peu la vie de l’extérieur. On traverse des kilomètres et des kilomètres de paysages  et de villes inconnus. On voit des gens vivre leur vie chacun de leur côté sans faire attention à ceux qui vivent à côté d’eux. Je ne suis pas très clair. Je vais essayer de m’expliquer. Le train permet de réaliser que pendant que je suis là en train de pianoter sur mon ordi pour me persuader que je ne perds pas de temps, d’autres sont en cours, en voiture, devant la TV. Pense que pendant que tu lis ça, transatlantique, certains marchent sur des tapis rouges sous les flashs des paparazzis. Pense qu’il y a un petit garçon qui vient certainement de tomber de vélo, quelque part dans le monde, pas en Chine en tout cas, car en ce moment, les petits garçons et la plupart des  gens normaux (j’exclu par là tous les jeunes qui font la fête toute la nuit) et les jeunes qui sont en médecine dorment.
Vous êtes vous déjà demander ce que cela ferait d’être dans la tête d’un autre ? D’entrer dans se vie ne serait – ce que quelques heures ? 200 millions de spermatozoïdes. Soit 1 chance sur 200 millions d’arriver à la vie. 7 milliard d’êtres humains, soit 7 milliards de vies différentes, donc 1 chance sur 7 milliard de tomber sur la mienne. Nous sommes déjà à 1 chance sur 1 400 000 000 000 000 000 soit 1,4 milliard de millions de chance de tomber sur ma vie. En rajoutant tout les facteurs qui font que ma vie est telle qu’elle est, (j’entends par là les choix faits, les obligations, les voies suivies, et tout le reste) on approche l’infini en terme de possibilité. Donc le zéro en termes de  probabilité. Je suis donc scientifiquement improbable.
Je me suis beaucoup éloigné de mon train quoique j’aime bien là où cette divagation m’a menée. Bref, je reviens à mon train tout en réfléchissant à ces multitudes de vies autour de nous auxquelles ont ne prête pas assez d’attention a mon avis. Pas que l’on doive se préoccuper d’autrui, ce n’est certainement pas moi qui vais dire ça. Mais plus prendre conscience de ce que cela représente. Il y a cet homme qui a changé quatre fois depuis le départ. Pourquoi cela ? Seul lui (et encore ce n’est même pas sûr…) le sait. Il y a aussi cette vieille dame qui a demandé si la place était occupée pour finalement s’y assoir quand on lui a répondu que oui et ce jeune qui s’engueule probablement avec sa copine depuis le début du trajet. Que d’agitation me direz vous, oui j’ai le chic pour tomber sur les wagons des tarés. Il y a aussi ce jeune handicapé. Lui est un cas intéressant. Je me demande et me suis toujours demandé comment il percevait le monde ? Le perçoit – il seulement ? Que se passe – t – il dans se tête ?
Que se passe – t – il dans la tête des gens ? Que se passe – t – il dans leur vie ? C’est des questions que je me pose assez souvent. Bizarre hein ? Allez savoir ce qui se passe dans ma tête …

Moi